WATER CURE

Sculpture et bassin de béton, pompe à eau, acrylique, vibrateurs antiques, néon mou / Concrete sculpture and basin, water pump, acrylic, antique vibrators, soft neon

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Collaboration avec Virginie Jourdain.

Presented at Whippersnapper Gallery, Toronto, Canada

Photos : Lucie Rocher

 

WATER CURE

Water Cure deals with particular histories of medicine: the invention of the vibrator and the ruling of hysteria as a disorder. The exhibition references medical practices aimed at women and pathologies instilled and institutionalized by misogynist and androcentric discourses. This historical episode illustrates the way biopolitics is engaged in the control of bodies and in the (re)productions of sex and sexuality. We find Water Cure in a pornotopic space that combines hydrotherapy in its contemporary embodiment (the spa) and the cold, authoritative space of medical institutions. At the crossroads of these two forms, Water Cure creates an encounter between two environments symptomatic of the sexual history of women. The arrival of electricity in households aligns with mass acquisition of private vibrators, and thanks to post-war comfort, “self-treatment techniques” become tied to large-scale management of populations. Just like the asylum or the spa, the vibrator becomes a revealing detail of this chapter in the history of women, and of their domestic containment.

larose s. larose and Virginie Jourdain were inspired by research on medical management and the mechanics of so-called “female” pleasures – pleasures historically considered pathological. The central element of the installation, a garden fountain whose evocative water source is deflected into a masturbatory gesture, refers to the practice of hydrotherapy, a water based massage applied to the vulva under medical consultation in order to heal women from their “moods”. This practice led to the immense popularity of spas in the beginning of the 20th century. It is no accident if the statue speaks to classical (or kitsch) representation of femininity in public gardens, where the Venus de Milo is often reproduced. In a gesture, the artists take on representations of women in art history: Venus’ arm is reconstituted in a motion believed to be close to the original – defying the passivity that is usually assumed of the subject.

The creation of this work was made possible by the financial support of the Conseil des arts et des lettres du Québec & Ontario Arts Council

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L’installation Water Cure entre en dialogue avec un pan de l’histoire de la médecine, nommément l’invention du vibrateur et l’injonction de l’hystérie comme maladie. Elle met en scène de multiples références à des pratiques médicales destinées aux femmes, à leur pathologie (l’hystérie), instaurées et institutionnalisées par des discours misogynes et androcentriques. Cet épisode historique illustre de manière paradigmatique la biopolitique du corps, ancrage central des dispositifs de contrôle des corps, de production du sexe et des sexualités. L’espace pornotopique où se trouve Water Cure fusionne les formes hybrides de la cure thermale dans son incarnation actuelle (le « spa ») et des espaces médicaux froids, autoritaires et austères. Au croisement de ces deux formes thérapeutiques, Water Cure crée une rencontre entre deux environnements symptomatiques de l’histoire de la sexualité des femmes, tout en évoquant l’histoire de l’art et la question de la représentation. L’installation souligne la concordance de l’acquisition massive des vibromasseurs privés avec l’arrivée de l’électricité dans les foyers et qui, grâce au confort moderne d’après guerre, témoigne de l’intrication fine entre les techniques individuelles du « traitement de soi » et la gestion à grande échelle des populations. À l’instar de l’asile et du spa, le vibromasseur devient ainsi un révélateur privilégié de ce chapitre de l’histoire des femmes et de leur confinement dans la domesticité.

larose s. larose et Virginie Jourdain se sont inspirées de recherches en histoire de la gestion médicale et de la mécanique du désir dit féminin – historiquement considéré comme pathologique. L’élément central de l’installation, une fontaine de jardin dont le jet évocateur a été détourné en un geste masturbatoire, fait référence à la pratique de l’hydrothérapie (water cure), un massage à base de jets d’eau appliqué sur la vulve sous consultation médicale afin de « guérir » les femmes de leurs « humeurs » et qui a mené à la grande popularité des spas au début du XXe siècle. Ce n’est pas un hasard si la statue renvoie à la représentation classique (voire kitsch) de la féminité dans les jardins publics, où la Vénus de Milo est souvent reproduite. Commentaire, au passage, sur la représentation des femmes dans l’histoire de l’art, les artistes ont choisi d’en reconstituer les bras selon une posture qui se rapprocherait de l’originale, tout en défiant la passivité qu’on lui suppose aujourd’hui.

La création de cette oeuvre a été rendue possible grâce à l’appui financier du Conseil des arts et des lettres du Québec et du Conseil des arts de l’Ontario.

(c) larose s. larose, Virginie Jourdain, 2014